LA TECHNIQUE (1/4)

LA SUSPENSION HYDRAULIQUE

 

L'HYDRAULIQUE, SUSPEND CITROËN EN HAUTE SPHERE.

Le principe de la suspension hydropneumatique Citroën a d'abord été mis en application sur le train arrière de la Traction 15/six H de 1954. Puis nos DS et ID en bénéficièrent dès leur lancement en 1956. Passé l'effet de surprise, l'efficacité du système a transformé de simples clients Citroën en citroënistes convaincus. La sphère bénéficie d'une haute estime.

L'hydraulique Citroën est un sujet complexe puisqu'elle concerne la direction, la suspension, le freinage, et sur certains modèles la boîte de vitesse. Une suspension sans ressort, sans amortisseur téléscopiques, mais avec un liquide (par définition imcompréssible) enfermé avec un gaz (compréssible lui) sur lequel il s'épaule. Enfermés dans une sphère d'acier, appellation officielle du constructeur, et séparés par une membrane.

La sphère, c'est gonflé.
On a d'abord connues ces sphères de couleur noires (jusqu'en septembre 1966) car fonctionnant avec un ensemble hydraulique alimenté par du liquide rouge, le fameux LHS et LHS2 (Liquide Hydraulique Synthétique). Puis en 1967 ces sphères, comme tous les éléments hydrauliques, sont peintes en vert car elles utilisent un nouveau liquide hydraulique le LHM (Liquide Hydraulique Minéral). Le LHM et le LHS ne sont pas mélangeables, comme d'ailleur tous les appareillages hydrauliques: le noir,avec le noir; le vert, avec le vert.

Chaque sphère renferme de l'azote et du liquide hydraulique, séparés par une membrane de caoutchouc. Le gaz emprisonné au remplissage l'est à une pression précise, selon le poids supporté par l'essieu. Cette pression diffère entre l'avant et l'arrière d'une même voiture et entre une berline et un break:
59 bars pour l'avant et 26 pour l'arrière pour une berline; 59 et 37 pour un break.

Comment ça marche?
Sous l'effet d'une pompe haute pression
et d'un accumulateur principal (cinquième sphère de la voiture, couplée au conjoncteur disjoncteur), le liquide remplit la partie inférieure de la sphère, sous la membrane, venant presser sur le gaz, situé donc dans la partie supérieure. Shématiquement, quand la roue passe dans une ornière ou sur une bosse, le liquide exerce une pression sur la membrane qui se déforme et comprime le gaz qui amorti en se comprimant ou en se détendant.
Notons que l'on pourrait croire que ce mouvement se réalise de façon "naturelle". Il n'en est rien puisqu'en fait c'est un petit organe qui se trouve juste à la base de la sphère qui joue le rôle d'amortisseur: il s'agit de clapets déformables, que l'on nomme aussi clinquants, dont le nombre et l'épaisseur varie en fonction des modèles de sphères. Ils obturent les orifices de passage du liquide en le freinant, lors de la compression ou de la détente.

Avant d'être sertis à la base de la sphère, ces amortisseurs étaient démontables (jusqu'en novembre 70)et donc réglables.

Un bouchon pour laisser sphère.
A l'origine, Citroën déconseillait la recharge des sphères en azote, remplaçant systématiquement les sphères dégonflées par des neuves. Sous la poussée d'accessoiristes, on s'est rapidement aperçu que le système de regonflage des sphères étaient bien pratique, puisqu'il pouvait même être effectué sur la voiture, sans aucun démontage. En effet le bouchon de la sphère, en forme de dent de loup et frappé du chiffre de la pression de gonflage et qui surmonte la sphère peut servir à la recharge. Quelques équimentiers vont jusqu'à l'échanger par une valve, pour les regonflages ultérieurs. Mais tout cela présuppose une membrane en bon état...Car c'est la seule barrière entre le gaz et le liquide.

Magès le magicien.
Profitons en pour rendre hommage à l'inventeur de ce fameux système qui fit de Citroën un constructeur de légende: Paul Magès.
En 1990, la XM avec sa suspension hydractive s'approche le mieux de ce que souhaitait le père de l'hydraulique puisqu'il a essayé un montage de suspension antigite donnant à la DS la possibilité de se pencher à l'intérieur du virage. Un prototype surnommé "la danseuse" subira des essais d'antigîte à l'usine.
En 1961 cela débouchera sur des essais de suspension laissant la DS virer complètement à plat, avec l'avantage inattendu de moins fatiguer les pneus...Des raisons économiques eurent raison de cet ambitieux projet :
Pourtant, bien des années plus tard, Citroën développera l'ultime aboutissement du programme sur l'Activa. Ces prototypes à suspension hydractive issue des idées de Magès, virent à plat, le système compensant le tangage et le roulis, tandis qu'en courbe il peut aussi agir comme "la danseuse" en contre-roulis pour incliner légèrement la voiture à l'intérieur du virage...
Principe appliqué sur la Xantia hydractive, vous pouvez d'ailleur retrouvé ses amateurs sur activaclub.free.fr.

Inégalable DS...

 


On peut voir les sphères noires cerclées de bleu inclinées, le réservoir du liquide hydraulique à droite pour cette ID 64 du club fonctionnant donc en LHS.

Une sphère en coupe. La membrane (trait noir épais), sous la pression de l'azote est "collée" au fond.


Principe de fonctionnement sur les DS et ID.

La preuve par l'image du fonctionnement en roue indépendante, pour cette DS 1958 du club.


Prototype Activa et DS 19

 

 

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